fleetwoodmac1982A la suite de la sortie de « Tusk », Fleetwood Mac s’était embarqué dans une tournée mondiale marathon de onze mois dont il résulte un album live sorti en décembre 1980. L’année suivante sera l’occasion pour Stevie Nicks, Lindsay Buckingham et Mick Fleetwood de respirer un peu en solitaire, chacun profitant de la période de flottement dans l’activité du groupe pour enregistrer un album solo. Le plus remarqué, et le plus remarquable sera indéniablement « Bella Donna » de Stevie Nicks, les deux autres albums étant, il faut bien le reconnaître, assez insignifiants.

Ce quatrième album depuis l’arrivée de Stevie Nicks et Lindsay Buckingham sera enregistré en France, dans les célèbres studios du château d’Hérouville, en région parisienne. Suite à la déception suscitée par les relativement médiocres performances de « Tusk » trois années auparavant, l’heure n’était plus aux expérimentations de Buckingham ; sous la pression du label mais aussi de ses partenaires, le musicien était un peu contraint de revoir ses ambitions à la baisse, et de se faire un peu plus petit qu’il ne l’avait été sur l’album précédent quant à la direction musicale à suivre.

Résultat, Fleetwood Mac repartait en quête de la formule qui avait fait son succès sur « Rumours », mais en avait hélas un peu perdu la recette. C’est ce qui apparaît assez clairement sur ce disque duquel peu de titres émergent, hormis le très bon « Gypsy », signé et interprété sans surprise par la femme forte du moment, Stevie Nicks.

C’est toutefois Buckingham qui, une fois de plus, domine ce disque d’un point de vue quantitatif, en signant (souvent avec le producteur Richard Dashut) et interprétant la moitié des titres de l’album. Mais c’est à un Lindsay Buckingham moins extravagant que nous avons affaire, quoique toujours assez minimaliste comme nous pouvons le constater sur des titres de pop éthérée comme « Can’t Go Back », « Book Of Love », « Empire State » ou « Oh Diane ». Autant de chansons qui ne se distinguent pas vraiment les unes des autres. Seul « Eyes Of The World », dans un genre tout aussi pop, accroche un peu plus l’oreille, mais nous sommes loin, malgré tout, de l’excellence mélodique et du raffinement pour les sens de l’époque des « Go Your Own Way » ou « I’m So Afraid ».

Au dessus des modes, Stevie Nicks fait pour sa part du Stevie Nicks, mais excepté « Gypsy », les deux autres titres qu’elle interprète ne sont pas d’un niveau comparable à ce qu’elle avait offert par le passé, et notamment sur « Tusk » où elle signait quelques unes de ses meilleurs chansons. Ici, « That’s Alright » (un ancien titre datant d’avant son arrivée dans Fleetwood Mac) et « Straight Back » sont certes agréables, mais ne suscitent pas la fascination.

C’est aussi le reproche qu’on pourra faire à Christine McVie, qui sur des titres comme « Love In Store » ou la ballade « Wish You Were Here » paraît assez loin du niveau de ses précédentes contributions.

« Mirage » connaîtra un succès plus rapide que « Tusk », mais à l’heure des bilans, les ventes des deux albums seront finalement assez comparables. La différence entre les deux étant que malgré ce qui lui fut reproché, « Tusk » laissera dans le répertoire du groupe beaucoup plus de titres marquants. Heureusement, Fleetwood Mac allait clairement se rattraper avec l’album suivant, qui mettra certes du temps à venir, mais le résultat vaudra clairement la peine d’attendre.

Tracklist :
1. Love In Store
2. Can’t Go Back
3. That’s Alright
4. Book Of Love
5. Gypsy
6. Only Over You
7. Empire State
8. Straight Back
9. Hold Me
10. Oh Diane
11. Eyes Of The World
12. Wish You Were Here

Musiciens :
Stevie Nicks : chant
Lindsay Buckingham : chant, guitare, clavier
Christine McVie : chant, clavier
John McVie : basse
Mick Fleetwood : batterie, percussions
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Ray Lindsey : guitare (8)

Production : Lindsay Buckingham, Richard Dashut, Ken Caillat, Fleetwood Mac

Label : Warner

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