db7d44b3d4e2418db2032bbe2d3cae93D’aucuns ont sans doute dit que quitter Humble Pie juste au moment où le groupe rencontrait enfin le succès n’était pas la décision la plus intelligente qu’ait eu Peter Frampton. Mais le guitariste commençait a être frustré de pouvoir imposer de moins en moins ces propres compositions face à Steve Marriott. Si on ne peut que fantasmer sur ce qu’aurait pu devenir le groupe si ses deux leaders étaient restés ensembles, on sait ce qu’il est advenu après le divorce. Un album à succès pour le Pie avant une longue chute de popularité, une carrière solo longue à démarrer pour Frampton avant un succès aussi immense que bref. Ce succès, c’est justement Frampton Comes Alive qui le lui a apporté. A l’époque, acquérir le succès grâce à un live n’est pas incongru. Ça avait été le cas de Kiss mais aussi d’Humble Pie justement. Frampton Comes Alive permettra ainsi au public de redécouvrir les compositions du guitariste, bonnes pour la plupart mais dont les versions studios manquaient sérieusement de fougue et de flamme.

La carrière solo de Frampton propose principalement un Rock mélodique, dans la lignée d’un George Harrison mais en un peu plus Hard, comme sur le titre d’ouverture « Something’s Happening ». Frampton n’est pas le meilleur chanteur du monde, mais il n’est pas le pire des guitaristes à s’y être essayé. Evidemment, sa grande force vient plutôt de ses solos, extrêmement mélodiques et faisant preuve d’une certaine personnalité. Ceux-ci sauvent mêmes certains titres qui auraient parus peut-être un peu fades ou banales sans eux comme la ballade « Lines On My Face ». D’autres titres mélodiques suivent comme « Doobie Wah » et ses guitares tourbillonnantes (Aaaah, le phaser) et « Show Me The Way » qui sortit en single suite à cet album et devint un tube. Le titre introduisit l’effet Talk Box au grand public, effet auquel le nom du guitariste demeure pour toujours associé. Le fait que les deux plus gros succès électriques de l’album en contiennent chacun a donné l’impression à certains que l’album en était rempli, mais en fait la dite talk box ne fut utilisée que sur ces deux-là.

Le concert propose une partie acoustique, chose fréquente à l’époque: Led Zeppelin, Crosby, Stills, Nash & Young ou Humble Pie (à leurs débuts) en faisaient un passage obligé. Si toutes les chansons n’ont pas été retenues si la version originale de l’album, afin de ne pas trop faire retomber l’adrénaline, l’entièreté a été ajouté à la version deluxe (qui a remis le concert dans son entièreté et dans l’ordre et est donc celle à acquérir de préférence). Parmi ces titres, l’un se détache des autres, « Baby I Love Your Way », bien plus remarquable grâce à une ligne mélodique et surtout un refrain hyper mémorable. Ce fut le deuxième tube de l’album. Signalons le mignon petit intermède  instrumental « Penny For You Thoughts » ou l’entraînant « All I Want To Be (Is By You Side) » qui aurait pu être énorme en version électrique. L’album va aussi nous proposer des versions savoureusement Hard Rock de certains des meilleurs titres de Frampton comme l’excellent « (I’ll Give You) Money », sa reprise pertinente et alourdie du « Jumpin’ Jack Flash » des Rolling Stones et bien sûr le morceau de bravoure « Do You Feel Like We Do » étiré encore et encore pour notre plus grand bonheur avec ses multiples solos et sa guitare parlante. Ce titre sera le troisième tube de l’album. Trois singles live classés dans le Top 15 des charts américains. Même pour l’époque ce n’est pas banal.

Le groupe de Frampton est constitué de fidèles, comme le batteur John Siomos, présent depuis le toute début, ou le pianiste et guitariste Bob Mayo dont les interventions au piano sont souvent très remarquées. Le petit nouveau, c’est le bassiste Stanley Sheldon, qui remplace Rick Wills parti rejoindre la reformation des Small Faces avec… Steve Marriott. Tout ce petit monde forme un ensemble très soudé et dont on sent qu’il ne s’agissait d’un simple backing band d’un artiste vedette mais bien d’un vrai groupe à part entière.

Frampton Comes Alive sera un carton presqu’inattendu. Certes la popularité du guitariste était en train de monter, mais l’écart avec les ventes de l’album studio précédent fut gigantesque. Aujourd’hui encore il est l’album live le plus vendu tandis qu’il devint l’un des albums les plus vendus des années 70 (son record ne fut battu qu’avec Rumours de Fleetwood Mac). Un classique incontournable de l’histoire du Rock, même si son auteur est depuis injustement oublié du grand public.

Tracklist (édition deluxe):
CD1:
1. Introduction/Something’s Happening
2. Doobie Wah
3. Lines On My Face
4. Show Me The Way
5. It’s A Plain Shame
6. Wind Of Change
7. Just The Time Of Year
8. Penny For Your Thoughts
9. All I Want To Be (Is By Your Side)
10. Baby, I Love Your Way
11. I Want To Go To The Sun

CD2:
1. Nowhere’s Too Far (For My Baby)
2. (I’ll Give You) Money
3. Do You Feel Like We Do
4. Shine On
5. White Sugar
6. Jumpin’ Jack Flash
7. Day’s Dawning/Closing

Musiciens:
Peter Frampton: Chant, Guitare
Bob Mayo: Guitare, claviers
Stanley Sheldon: Basse
John Siomos: Batterie

Producteur: Peter Frampton

Publicités