71w5LXskh0L._SX522_Quant on a connu son plus gros succès, il est difficile de résister à reprendre la même formule en la poussant à son paroxysme. Cette phrase, qui pourrait également s’appliquer au Adrenalize de Def Leppard, convient parfaitement à Afterburner. Avec Eliminator, ZZ Top était passé de groupe de ringards ayant connu deux-trois succès dans les 70’s à l’un des groupes les plus tendances des années 80. Le mélange de Hard Rock avec des sonorité issues de la New Wave avait fourni un cocktail détonant également éprouvé, les influences Southern Rock en moins, à la même époque par Billy Idol. Mieux que personne (à part peut-être Michael Jackson) le groupe – ou son entourage – avait compris l’importance de MTV. Bref en se créant une nouvelle identité visuelle et musicale, ZZ Top avait réussi à arriver au sommet contre toute attente. Bien sûr certains fans de la première heure crièrent à la trahison. Pauvres ères, aurais-je envie de dire, puisque Afterburner allait, comme dit au début de ce paragraphe, pousser le curseur encore plus loin.

L’intro de batterie électronique et le riff de sythé qui commence l’album ne trompe pas: ZZ Top a encore augmenté le côté synthétique de leur musique. Les effets tant sur la guitare que sur la batterie en sont la preuve. Pour autant « Sleeping Bag » n’est pas un mauvais titre, que du contraire et il est à parier que s’il avait été dépouillé de ces artifices 80’s, même les plus réfractaires des années 80 l’auraient considérés comme un des meilleurs titres du groupe. Le titre bénéficie en plus merveilleusement bien de la présence de Billy Gibbons que ce soit ses riffs de guitare ou sa voix rauque et sexy. Le bougre se permet même de signer sur ce titre l’un de solos les plus accrocheurs de sa carrière. Peut-être parce que le groupe s’est quelque peu débarrassé (j’en vois défaillir) de ses influences boogie, mais Gibbons semble avoir apporté un soin et un sens mélodique encore plus fort qu’à l’accoutumé sur ce disque. C’est bien simple chacun de ses solos est un petit bijou. « Stages » renforce encore le côté Pop de par sa basse au synthé, sa batterie électronique et sa ligne de chant assez ‘mainstream’, heureusement la guitare est toujours bien présente. On lui préfèrera certainement le nettement plus rentre dedans (c’est le cas de le dire…) « Woke Up With Wood », morceau au titre équivoque et aux paroles que n’auraient pas reniées Steel Panther. Là c’est clair c’est du bon Rock qui tâche avec une vraie basse, une vraie batterie et une guitare bien juteuse. Et même si les sonorités synthétiques sont toujours présentes, elles sont moins envahissantes.

« Rough Boy » est l’occasion pour se frotter pour la première fois à la power ballade ‘soooo 80’s’. Et il faut avouer qu’ils s’en sortent plutôt bien. Certes, si vous n’aimez pas la reverb sur la batterie, vous en serez pour vos frais. Tout comme si vous l’exercice de la ballade vous laisse froid. En revanche, Billy Gibbons sublime le titre pas ses interventions à la guitare. « Can’t Stop Rockin » est l’occasion pour Dusty Hill de prendre à son tour le micro. Un titre dans la lignée de ce que le groupe offrait dans les 70’s, mais avec batterie électronique et synthé en plus. Pas le plus mémorable de l’album mais sympa malgré tout. Le plus calibré radio « Planet Of Women » retiendra plus l’attention grâce à son riff hyper accrocheur et son rythme prompt à vous faire sauter partout. Certainement un des meilleurs titres de l’album. L’intro de « I Got The Message » aurait pu figurer sur un album de The Human League, mais il y a toujours la guitare de Gibbons qui fait la différence. Titre pas désagréable mais pas hyper mémorable non plus. En revanche m’est d’avis que « Velcro Fly » avec sa boucle de batterie et son riff de synthé (si, si ! Remettez-vous Marcel, ce n’est pas contagieux !) vous restera longtemps dans la tête – ou dans vos cauchemars si pour vous ZZ Top se résume au son de « Tush » et « La Grange ». Rassurez-vous, la guitare de Gibbons reprend la vedette sur « Dipping Low (In The Lap Of Luxury) » qui pourrait être le petit frère du « Gimme All Your Lovin’ » de l’album précédent, tant les deux titres sont proches jusque dans leur ligne de chant. « Delirious » qui ferme l’album est le second titre chanté par Dusty Hill et est dans la lignée de « Can’t Stop Rockin’ ». Un titre Boogie Rock avec batterie électronique, synthé et même vocodeur. Un morceau bien enlevé qui termine plutôt bien l’album.

Au final, cet Afterburner est plutôt bon, mais il est profondément marqué par son époque. De ce fait, la batterie électronique, les synthés et les effets utilisés pour la guitare lui donnent un côté froid et synthétique qui pourra en rebuter plus d’un, de même que l’abandon du style Boogie sur plusieurs titres. Cet album entre New Wave, Synth Pop, Hard Rock et Boogie, s’il est assez novateur (il est à parier qu’il a son importance dans la genèse d’Hysteria de Def Leppard), aliènera encore plus ZZ Top de son public d’origine. Cela dit, les fans gagnés avec Eliminator adoreront, comme le prouveront les chiffres de vente colossaux qui suivirent.

Tracklist:
1. Sleeping Bag
2. Stages
3. Woke Up With Wood
4. Rough Boy
5. Can’t Stop Rockin’
6. Planet Of Women
7. I Got The Message
8. Velcro Fly
9. Dipping Low (In The Lap Of Luxury)
10. Delirious

Musiciens:
Billy Gibbons: Guitare et chant
Dusty Hill: Basse et chant
Frank Bread: Batterie

Producteur: Bill Ham

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