9200000078738932The Joshua Tree, tout le monde en a entendu parler. Ce 5ème album de U2 fait partie des plus gros blockbusters de l’Histoire de l’industrie musicale et, par la même occasion, a propulsé la bande à Bono parmi les gros mastodontes du Rock. Après avoir tapé aux portes du Top 10 US avec War (1983) et The Unforgettable Fire (1984), U2 est parvenu à ses fins en 1987 avec The Joshua Tree. L’année 1987 aura donc vu sortir, à quelques mois d’intervalle, 2 des plus grosses ventes de tous les temps: Appetite For Destruction, de GUNS N’ ROSES, et The Joshua Tree, donc. Il faut avouer que cet album de U2 a été peaufiné à l’extrême, bien pensé. Et moi-même, qui ne suis pas un grand fan de U2, je m’incline devant un travail aussi abouti, aussi bien soigné, devant tant d’efficacité. Car U2 a su aller à l’essentiel pour convaincre un maximum de gens à se joindre à sa cause, pour le coup.

Le titre de l’album, The Joshua Tree, fait référence aux arbres de Josué se trouvant dans le désert de Mojave, au sud de la Californie, tandis que le contenu de l’album est un clin d’oeil appuyé aux USA: musicalement, le disque est empreint d’influences Folk, Blues, voire Gospel, alors que les textes évoquent le rêve américain et ses travers, ses désillusions. Les bons et les mauvais côtés du pays de l’Oncle Sam, selon Bono, en somme.

Les 3 premiers titres de la tracklist de l’album sont les plus connus de tous, d’autant qu’ils ont été des hits à échelle planétaire. « Where The Streets Have No Name » ouvre le disque en reprenant les choses là ou U2 les a laissées 3 ans plus tôt avec « MLK », qui fermait la marche de The Unforgettable Fire: après 1 minute à caractère atmosphérique, le titre s’envole pour se parer d’habits lumineux et captive l’auditeur, l’hypnotise. « I Still Haven’t Found What I’m Looking For » prend le relai et s’avère être une véritable leçon de maestria, de savoir-faire tant Bono se surpasse littéralement sur ce titre (en particulier sur le refrain aérien, imparable), au point de le tirer irrésistiblement vers le haut, avec l’aide de la guitare raffinée de The Edge. Simplicité et efficacité, pas besoin d’ajouter ou retirer quoi que ce soit ici. Quand à « With Or Without You », énorme tube intemporel s’il en est, c’est l’archétype de la ballade top avec ses jolies mélodies harmonieuses, son refrain inoubliable dont on n’arrive plus à se débarrasser une fois qu’on l’a entendu, sans oublier la voix de Bono qui monte en puissance au bout de 3’15. Ces titres, on ne peut le nier, ont joué un rôle prépondérant dans le carton planétaire de The Joshua Tree.

Toutefois, ce serait une grossière erreur de résumer ce 5ème album de U2 à ces 3 premières salves et d’occulter le reste. Car, et c’est la preuve que le statut de géant du Rock octroyé à U2 n’est pas usurpé, les autres titres de l’album sont plus que dignes d’intêret, le quartette irlandais s’étant employé à donner le meilleur de lui-même. Ainsi, U2 n’a pas hésité à durcir le ton à l’occasion, comme sur « Exit », titre énervé et hypnotique, presque épique, ou encore « Bullet The Blue Sky », un mid-tempo atmosphérique presque en apesanteur qui voit la bande à Bono fricoter avec le Hard Rock, le tout étant enrobé de la voix de Bono plus agressive qu’à l’accoutumée, un solo de guitare à consonance bluesy, ainsi qu’une basse passez pesante, sous tension. Outre ces 2 belles trouvailles, on relèvera également sur cet opus « In God’s Country », une compo Pop-Rock courte, mais efficace qui aurait tout aussi bien pu devenir un hit potentiel à l’époque, « One Tree Hill », un Rock mélodique enjoué grace au travail de The Edge, aux choeurs présents à bon escient et jamais envahissants, à la voix modérée et veloutée de Bono, au refrain plus vigoureux, un final plus énervé venant parachever l’ouvrage, voire « Red Hill Mining Town », une compo  très sophistiquée, très arrangée avec une seconde moitié de la chanson qui monte en puissance pour se faire plus vigoureuse. Les racines de la musique américaine, U2 s’y attèle en particulier sur « Running To Stand Still », une plaisante ballade Folk gorgée d’harmonica et portée par le tandem chant/piano et mise sur orbite par une intro bluesy, presque Country, ainsi que sur « Trip Through Your Wires », une ballade relaxante, très typée Far West avec son harmonica présent, qui nous transporte, fait voyager dans le temps en 3 minutes et 30 secondes. Toutefois, cet album de U2 est gâché par « Mothers Of The Disappeared », une ballade à caractère expérimental dont la mise en route se fait laborieuse avec ses divers sons planants et qui, si elle révèle anecdotique et pas très convaincante, anticipe quelque peu ce que seront les 90’s.

 

Voilà. Ce U2 millésimé 1987 est là pour rappeler que bien avant que le quartette irlandais se vautre dans l’auto-complaisance et la facilité, que même si Bono peut être une vraie tête à claques avec ses airs moralisateurs, il y avait quand même un sacré groupe inspiré dans les 80’s (oui, on parle là du même groupe qui avait créé le fameux et incontournable « Sunday Bloody Sunday » en 1983 sur l’album War). Certains pourront toujours objecter que ce disque est surestimé, que sa production a des allures vaporeuses, il n’empêche que ce Joshua Tree est une belle et franche réussite et, à ce sujet, la bande à Bono a au moins eu la franchise de jouer cartes sur table en avouant ouvertement ses ambitions de conquérir le marché américain. En outre, le travail de The Edge à la guitare mérite d’être ici salué. Au final, The Joshua Tree a atteint ses objectifs au-delà des espérances puisque, à sa sortie, il a été classé n°1 dans 23 pays (la France incluse) et, sur 3 décennie, s’est écoulé à environ 28 millions d’exemplaires dans le monde (quelques chiffres pour bien situer le truc: 14 fois platine en Nouvelle-Zélande, 10 fois platine aux USA et au Canada – soit disque de diamant dans ces contrées -, 9 fois platine en Italie, 8 fois platine en Grande-Bretagne avec environ 2,8 millions d’exemplaires écoulés, 5 fois platine en Australie, 2 fois platine en France). L’année 1987 aura souri à l’Irlande puisque le coureur cycliste Stephen Roche avait remporté le Tour de France cette année-là (une des plus belles éditions des 35 dernières années). Pour U2, quoi qu’il en soit, il y a eu un avant et un après The Joshua Tree.

Tracklist:

1. Where The Streets Have No Name
2. I Still Haven’t Found What I’m Looking For
3. With Or Without You
4. Bullet The Blue Sky
5. Running To Stand Still
6. Red Hill Mining Town
7. In God’s Country
8. Trip Through Your Wires
9. One Tree Hill
10. Exit
11. Mothers Of The Disappeared

Line-up:
Bono (chant, guitare, harmonica)
The Edge (guitares, claviers)
Larry Mullen Jr (batterie)
Adam Clayton (basse)

 

Label: Island Records

Producteurs: Daniel Lanois & Brian Eno

Sites Internet:

http://www.facebook.com/u2/

 





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