r-600988-1450046015-9889-jpegUn petit peu d’Histoire avant d’entamer la chronique de cet album. Avant d’entamer une carrière solo au mitan des 80’s, Belinda Carlisle a fait partie d’un des groupes les plus en vue de la première moitié de cette décennie, notamment aux USA: THE GO-GO’S. Ce groupe 100% féminin, qui oscillait entre New Wave, Pop Rock et Post-Punk, a sorti 3 albums entre 1981 et 1984 (Beauty And The Beast en 81, qui a été n°1 aux USA, Vacation en 82 et Talk Show en 84) qui ont fait l’objet d’échos très positifs et ont résisté à l’usure du temps, mine de rien. Si Belinda Carlisle a assuré le chant au sein de ce combo haut en couleurs, elle n’a que rarement contribué au travail de composition, c’était sa collègue, la guitariste Charlotte Caffey, qui s’occupait de cette tâche.

Le split des GO-GO’S consommé, Belinda CARLISLE n’a pas perdu de temps, s’est lancée dans une carrière solo et a sorti en 1986 un premier album solo sobrement intitulé Belinda. Celui-ci a rencontré un succès appréciable puisqu’il a été certifié disque d’or aux USA (et platine au Canada), grace notamment au single « Mad About You » qui a fait un flambard dans les hit-parades (n°1 au Canada, n°3 aux USA et n°9 en Australie). Et l’année 1987 voit Belinda CARLISLE revenir avec un second album ayant pour titre Heaven And Earth. Pour mener à bien ce projet, elle s’est entourée du producteur Rick Nowels (qui a également mis la main à la patte dans le songwriting), de la compositrice Diane Warren (oui, celle-là même qui a écrit « I Don’t Want To Miss A Thing » pour AEROSMITH, entre autres) et de son ex-partenaire des GO-GO’S Charlotte Caffey qui a co-signé 4 titres. Il convient tout de même de préciser que si Belinda CARLISLE est une interprète plutôt qu’auteure-compositrice, elle n’en demeure pas moins excellente dans son domaine: elle sait parfaitement chanter en live, donner du corps aux chansons qu’elle interprète. Là-dessus, elle n’a de leçon à recevoir de personne.

Parlons à présent de ce fameux Heaven And Earth. Ce second album de Belinda CARLISLE est orienté Pop, avec des connotations Rock et AOR bien présentes et s’inscrit dans l’air du temps. Le titre le plus connu de cet opus, qui figure en tête de tracklisting, est « Heaven Is A Place On Earth », un énorme tube en puissance, un méga-hymne devenu intemporel qui mérite qu’on s’y attarde un instant. Si ce titre est en apparence ancré dans son époque, il a formidablement résisté à l’usure du temps. Il faut dire que dès que Belinda Carlisle pose sa voix, elle fait montre d’une justesse implacable et la magie s’installe sans tarder. La guitare Rock, si elle est en retrait, est toujours là, en complément idéal, jamais envahissant, de la voix de Belinda Carlisle. Et le refrain, s’il est un peu « bon-jovien » dans l’âme, est incroyablement fédérateur, irrésistible, parfaitement taillé pour la scène. Et peu importe si le clip qui illustre la chanson peut sembler nunuche, le message est tellement positif dans l’esprit, tellement empreint d’optimisme qu’il est difficile de ne pas succomber. Et puis, en toute franchise, qui dans sa vie n’a jamais rêvé d’un monde meilleur, sans corruption, sans violence ? Il n’est guère étonnant que « Heaven Is A Place On Earth » soit devenu un des hymnes musicaux majeurs des 80’s. La chanson a atteint la 1ère place des hits-parade aux USA, en Nouvelle-Zélande, ainsi que dans plusieurs pays d’Europe (Grande Bretagne, Irlande, Suède, Suisse, Norvège). En fait, elle a fait Top 10 un peu partout dans le monde, sauf en France (comme souvent, pourrait-on dire). Pour le coup, on peut dire que ce succès est justifié, mérité.

Toutefois, ce serait une grossière erreur de résumer ce second album de Belinda CARLISLE à cet énorme tube. Car, et c’est là la force de ce Heaven On Earth, celui-ci renferme d’autres titres également dignes d’intêret, et pas qu’un peu. Par exemple, on peut citer « I Get Weak » qui, sans être aussi bombastique que « Heaven… », est une compo Pop 80’s fort agréable à l’oreille, avec des guitares Rock légèrement en appui. Ce titre a également été un succès international (à un degré moindre, cependant), comme les stats le prouvent: 2ème aux USA, 4ème au Canada, 5ème en Irlande et 10ème en Grande Bretagne. Autre succès tiré de l’album, la ballade  légère « Circles In The Sand » qui permet surtout de bien mettre en évidence la voix enjoliveuse et pleine de sensibilité de Belinda Carlisle. D’ailleurs, ce titre est interprété et joué avec beaucoup de classe, l’instrumentalisation de l’ensemble très raffinée. Outre son beau succès dans les charts (Top 7 aux USA, mais aussi Top 4 au Canada, Top 5 en Irlande et Top 10 en Grande Bretagne), ce titre est également présent le jeu video GTA 5.

Au-delà des hit-singles, on peut constater qu’il y a du vrai contenu dans cet album. D’ailleurs, il convient de s’attarder sur 2 titres peu ou pas connus, mais dont le potentiel aurait pu leur permettre de casser la baraque à l’époque s’ils avaient été sortis en singles: tout d’abord, « Should I Let You In », un morceau Rock assez soft, avec guitare acoustique en appui, accrocheur, bien troussé et surtout transcendé par la voix de Belinda Carlisle, à la fois hargneuse et mélodique, ainsi que les choeurs légers sur le refrain pour aérer le tout. Ensuite, « Nobody Owns Me », un excellent brûlot Rock aux relents Hard FM qui avait le potentiel d’un hymne majeur tellement il est efficace et reste aisément ancré dans les mémoires une fois qu’il a été entendu. Voilà précisément le genre de compos qu’on ne trouve pas forcément sur les albums de nombreuses chanteuses de Pop. Et pour bien rappeler aux sceptiques ses racines Rock, Belinda Carlisle a inclus sur cet album « I Feel Free », une cover de CREAM et même si elle n’égale pas l’original, elle a su se montrer convaincante en adoptant une voix rauque qui est plus adéquate, ici.

Les ballades sont au nombre de 3 sur ce disque. Si « Circles In the Sand », déjà mentionné plus haut, est une belle réussite, je n’en dirai par contre pas autant de « World Without You », une ballade (signée Diane Warren) un peu trop calibrée avec ces choeurs trop téléphonés, un peu gnan-gnan sur le refrain, que la bonne performance vocale de Belinda Carlisle ne suffit pas à élever. Quand à l’autre ballade qui clôture l’album, « Love Never Dies », elle ne convainc pas davantage et s’avère un peu trop lancinante sur la durée.

En dépit de quelques titres un peu plus faibles, l’impression globale de ce Heaven On Earth reste quand même positive. Dans le registre Pop, à tendance un peu Rock, il s’agit même d’une des plus belles réussites de la décennie. Si ce second album de Belinda Carlisle s’est assez bien vendu dans le monde (il a été certifié quadruple platine en Grande Bretagne, double platine au Canada et en Australie, platine aux USA, entre autres), il n’a pas pour autant été un Blockbuster, malgré la solidité des singles et la bonne tenue globale du disque. C’est d’autant plus surprenant que Heaven And Earth avait les atouts pour le devenir. Peut-être qu’il a été freiné par l’omniprésence envahissante (et le terme est faible) de Madonna dans l’espace médiatique de l’époque, qui sait ? Quoi qu’il en soit, Belinda CARLISLE a su gagner l’estime des fans de Rock, en plus de celle des fans de Pop, ce qui est quand même fort appréciable.

Tracklist:
1. Heaven Is A Place On Earth
2. Circle In The Sand
3. I Feel Free
4. Should I Let You In ?
5. World Without You
6. I Get Weak
7. We Can Change
8. Fool For Love
9. Nobody Owns Me
10. Love Never Dies

 

Line-up:
Belinda Carlisle (chant)
John McCurry (guitare)
Dan Huff (guitare)
John Pierce (basse)
Kenny Aronoff (batterie)
Curly Smith (batterie)
Charles Judge (claviers, piano)
Rick Nowels (claviers, guitares)

Rhett Lawrence (synthétiseurs)

Label: MCA

Producteur: Rick Nowels

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