R-5041009-1382892376-5096.jpegAprès le carton de Rebel Yell, Billy Idol réitère. Et ça commence très fort avec « Worlds Forgotten Boy », un titre où Billy et son fidèle complice Steve Stevens mettent le feu. Il faut dire que le guitariste aux cheveux ailes de corbeau parsème le tout de riffs Glam, de cocottes de guitares, de coups de floyd rose et de solos façon spacegame pendant que son compère éructe des « Aw Aw » entre les couplets. Ce titre explosif est parfait pour ouvrir l’album comme « Rebel Yell » l’avait été  sur le précédent. Pourtant, le label choisira plutôt de mettre en valeur le titre suivant, « To Be A Lover ». Quel dommage car du coup, n’étant pas sorti en single, le titre sera un peu oublié dans la carrière du blond platiné. « To Be A Lover », lui est un titre très New Wave au petit côté rétro avec son orgue discret, son piano et ses choeurs façon gospel (d’ailleurs, le titre est co-écrit par Booker T de Booker T & The MG’s, le groupe d’accompagnement du label Soul ‘Stax’). Avouons-le, si ce titre aurait convenu à un album solo de George Michael, il est un peu décevant pour du Billy Idol (dont c’est d’ailleurs le seul titre qu’il n’a pas signé), d’autant que je ne le trouve pas particulièrement accrocheur. Pourtant ce sera le gros succès de l’album puisqu’il montera jusqu’à la 6ème place des charts américains. Comme quoi…

« Soul Standing By » est en revanche un titre typiquement Billy Idol puisqu’il mélange New Wave et Glam Metal. Il lui manque malgré tout un bon refrain pour être vraiment mémorable. « Sweet Little Sixteen » est une ballade rétro avec un son Country Pop mais une production typiquement 80’s. Le résultat est plutôt réussi d’autant que la voix un peu éraillée du chanteur se marie bien à cette mélodique délicate et un peu nostalgique. « Man For All Seasons » reprend la même recette que « Worlds Forgotten Boy » avec autant de succès. Pourtant, une nouvelle fois le titre n’a pas été privilégié pour une sortie en single. Peur du label que le public fan de « Mony Mony » le trouve trop Hard ? Probablement. Tant pis, ne boudons pas notre plaisir pour autant. « Don’t Need A Gun » est un titre New Wave plutôt dansant mais avec un ton assez sombre. Dans les titres plus Pop enregistré par Idol c’est incontestablement l’un des meilleurs, reprenant la recette de « Rebel Yell » mais sans la copier (contrairement à « Postcards From The Past » sur son album de 2014). De plus, les paroles au ton anti-armement sont plutôt pertinentes. « Beyond Belief » sera une ballade New Wave sans grand intérêt et probablement le titre le plus dispensable de l’album. « Fatal Charm » est la troisième collaboration d’écriture avec Steve Stevens après « Worlds… » et « Man For All… ». C’est probablement la moins bonne des trois car un peu moins percutantes mais ça reste malgré tout un moment très agréable. « All Summer Single » aurait pu être un bon titre calme et typé 50’s mais est un peu gâché par certaines touches un peu trop Pop/Dance. Terminant l’album, « One Night, One Chance » est encore un titre plutôt calme avec boîte à rythme, basse synthé et les arpèges distordus de le guitare de Steve Stevens pendant que Billy déclame son texte quelque part entre Patti Smith et Joe Strummer. Clairement pas un titre commercial. Clairement pas non plus ce qu’il a fait de mieux, mais c’est loin d’être le moins bon de l’album.

En résumé, ce troisième album de Billy Idol est un peu en demi teinte et le très bon côtoie le très moyen. Hélas, ce ne sera pas toujours le meilleur qui sera mis en exergue par le label. On sent que suite aux gros succès de la ballade « Eyes Without A Face » et du rétro soul « Mony Mony », le label a poussé l’artiste à aller dans cette voie plutôt que dans le mélange de New Wave et de Glam Metal qui faisait toute sa personnalité. Mais « Eyes Without A Face » était sombre envoûtant et malgré tout Rock tandis que « Mony Mony » était plutôt festif. Ici on se retrouve avec beaucoup de titres calmes ou qui ne décollent pas vraiment. Au final on retiendra surtout « Worlds Forgotten Boy », « Man For All Seasons », « Don’t Need A Gun » et dans une moindre mesure « Sweet Little Sixteen » et « Fatal Charm ». Est-ce parce que l’accent sera assez peu mis sur les titres Rock que Steve Stevens prendra la décision de se lancer en solo ? En tous cas le guitariste quittera le groupe peu après ce qui, au regard du son original qui sortait de cette collaboration, est bien regrettable. L’album fut malgré tout un gros succès, quoiqu’un peu inférieur à celui de Rebel Yell, et conforta la situation de Billy Idol comme l’un des artistes solo majeurs des années 80.

Tracklist:
1. Worlds Forgotten Boy
2. To Be A Lover
3. Soul Standing By
4. Sweet Sixteen
5. Man For All Seasons
6. Don’t Need A Gun
7. Beyond Belief
8. Fatal Charm
9. All Summer Single
10. One Night, One Chance

Musiciens:
Billy Idol: Chant, guitare, basse
Steve Stevens: Guitare, basse, claviers, programmation
Marcus Miller: Basse
John Regan: Basse
Phillip Ashley: Claviers
Harold Faltermeyer: Claviers
David Frank: Claviers
Richard Tee: Claviers
Thommy Price: Batterie
Jocelyn Brown: Choeurs
Connie Harvey: Choeurs
Janet Wright: Choeurs

Producteur: Keith Forsey

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