69b18313906b4a5eb2d6b386f5580b15Commencé comme un blague par Steve Wilson qui avait inventé un groupe fictif et des line-up différents remontant jusqu’à l’époque bénie du Rock progressif (les années 70), Porcupine Tree est finalement devenu un véritable groupe presqu’à l’insu de son créateur. A l’heure où sort ce live enregistré à Rome, Porcupine Tree a déjà quatre albums au compteur dont deux véritablement en tant que groupe. A cette époque, leur musique n’est pas aussi Metal qu’elle allait le devenir à l’orée du XXIème siècle, même si quelques aspects se font déjà sentir. La source d’inspiration principale est évidemment Pink Floyd. De part ses longues plages atmosphériques, ses mélodies soignées, ses solos cristallins, son chant clair et aérien, la musique de Porcupine Tree rappèlera souvent la bande de Waters et Gilmour. Sur des titres comme « Radioactive Toy », « The Sky Moves Sideways » ou « Sleep Of No Dreaming », cela est même si flagrant que l’on pourrait penser qu’ils sont issus d’un futur alternatif dans lequel un autre album aurait succédé à Animals. En effet, n’allez pas chercher chez Porcupine Tree des démonstrations techniques noyant les morceaux dans des pluies de notes interminables. Ce sont les ambiances et la mélodie qui sont privilégiées par Steve Wilson et sa bande. En ce sens, il n’est pas nécessaire d’être fan de Rock progressif pour apprécier, même s’il vaut mieux ne pas être allergiques aux morceaux qui ne sont pas ‘right in your face’.

Cela dit, Porcupine Tree peut se montrer efficace et percutant, comme sur l’instrumental « Signify » qui ouvre le concert avec son riff simple et accrocheur qui nous emmène comme dans un train lancé à toute vapeur. Durant tout le concert, les musiciens vont s’amuser à faire monter la pression dans des orgies de décibels Rock, pour ensuite la faire tomber vers des plages atmosphériques où les percussions parfois limites tribales se mêlent aux claviers aériens et aux perles de rosées distillées par la guitare. A ce titre, « Not Beautiful Anymore » qui est présentée ici dans une version orgasmique qui transcende complètement le titre de base, semble être la quintessence de cette alternance entre calme voluptueux et rage extatique. Autre exemple avec « Moonloop » où de véritables aquarelles sonores peintes par les claviers de Richard Barbieri, la basse ronde de Colin Edwin et la guitare gilmourdienne de Steve Wilson nous emportent hors du temps avant de se transformer en tourbillon magnifique. Signalons aussi le travail du batteur Chris Maitland dont le jeu subtile et varié offre une spécificité et une richesse que n’aura pas son successeur. Au final, chaque morceau, qu’il soit court ou long, est un véritable tableau sonore dans lequel on se plonge et on se lasse emporter par les différents courants que les musiciens lui influent. Pour citer un dernier exemple, « Up The Downstair », conduit par la basse lancinante d’Edwin, enchaîne les plages atmosphériques et les riff Metal avec fluidité et délice.

Vous l’aurez compris, ce live de Porcupine Tree est un véritable bonheur. Il peut être une porte d’entrée parfaite pour le jardin aux plaisirs variés que constituent leur riche (mais hélas à présent au repos) carrière. Il permet aussi de prendre connaissance avec leurs débuts et des titres qui ont progressivement été remplacés par des plus récents. Il permet aussi de se repaitre du jeu de Chris Maitland, moins bourrin que celui de Gavin Harrison qui donnera au groupe des sonorités plus Metal. Un indispensable des années 90 et qui prouve que cette décennie souvent qualifiée de terne possède quelques perles qui ne demandent qu’à être découvertes.

Tracklist:
CD1
1. Bornlivedieintro
2. Signify
3. Waiting (Phase One)
4. Waiting (Phase Two)
5. The Sky Moves Sideways
6. Dislocated Day
7. The Sleep Of No Dreaming
8. Moonloop

CD2
1. Up The Downstair
2. The Moon Touches Your Shoulder
3. Always Never
4. Is…Not
5. Radioactive Toy
6. Not Beautiful Anymore

Musiciens:
Steve Wilson: Chant, guitare
Richard Barbieri: Claviers
Colin Edwin: Basse
Chris Maitland: Batterie

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