513TekaBwJLTroisième live de Genesis, Three Sides Live n’est pas vraiment celui qui a la meilleure réputation. Peut-être parce qu’à l’époque certains n’avaient pas encore digéré le fait que le groupe avait mêlé de fortes influences New Wave et Pop à leur Rock progressif. C’est d’ailleurs les trois albums montrant cette transformation dans le son du groupe (…And Then They Were Three…, Duke et Abacab) qui sont essentiellement représentés ici. Ce qui est logique car d’une part ce sont les albums qui sont sortis depuis leur live précédent (Seconds Out) ce qui permet d’éviter les doublons, d’autre part ce sont davantage ces titres que le nouveau public du groupe veut entendre en allant les voir en concert. Oui, il faut vivre avec son temps, Genesis a changé, mais c’est sans doute ce qui leur a permis de survivre là ou la majorité des autres géants du Rock progressif ont explosé. Notons par ailleurs une différence entre la version internationale et la version anglaise. Si la première n’aura que trois faces de concert (d’où le titre), la quatrième reprenant l’EP 3×3 ainsi que deux face B, la seconde aura une quatrième face live dont un extrait d’un titre enregistré en 1976, lorsque Steve Hackett était encore dans le groupe, les deux autres étant également des morceaux de cette époque, mais enregistrés live après son départ. Choix curieux, mais peut-être était-ce pour amadouer les fans britanniques, plus nostalgiques du vieux Genesis.

A l’époque, commencer le concert par « Turn It On Again » semblerait une évidence, pourtant l’album n’étant pas enregistré sur une seule date mais plusieurs concerts de la tournée de Abacab (principalement), la version présente ici apparaissait en réalité bien plus tard dans l’ordre du concert. Il s’agit sans doute aussi d’une autre raison du désamour de certains pour Three Sides Live: il ne représente pas vraiment ce qui était un concert de Genesis en 1980-1981, ne se contentant quasiment que des titres les plus récents (dehors les « Dance On A Volcano », « Firth Of Fith » et autres « The Lamb Lies Down On Broadway ») et dans un ordre parfois différents de celui joué alors. Malgré cela, comme je l’ai dit, commencer par le dynamique « Turn It On Again » est parfait et son enchainement avec le plus progressif « Dodo/Lurker » fonctionne sans problème. Le groupe est extrêmement carré et les temps plus aventureux des années 70 semblent loin. Cela n’empêche pas « Abacab » de proposer des solos de guitare supplémentaires et bien à propos ou « Duchess » de faire preuve de toute l’intensité nécessaire.

Malgré le fait que l’album soit constitué comme un puzzle, il garde une certaine homogénéité. Peu de blancs entre les morceaux, des différences de son assez minimes. Dans le genre des live patchworks, il y a eu nettement pire. Même un titre comme « Follow You Follow Me », enregistré lors de la tournée précédente, ne pose pas vraiment de problème à s’intégrer dans l’ensemble. La fin du live permet cependant de retrouver des titres plus anciens avec le medley de « The Cage », « The Cinema Show » etc qui s’enchaîne sur « Afterglow ». Mais à vrai dire, cela semble presqu’incongru de retrouver ces titres plus alambiqués à côté des nouveaux. Les vieux fans seront ravis, mais il serait à parier que les nouveaux ont dû un peu s’ennuyer. Les cinq titres studios qui forment la dernière face creusent encore plus le fossé, surtout lorsqu’on entend les cuivres sur « Paperlate » qui font davantage penser à la carrière solo de Phil Collins. « You Might Recall » est assez Pop et parfaitement dans la lignée de ce que Genesis continuera à enregistrer dans les années 80. « Me And Virgil » est un titre de Pop progressif dans la lignée des morceaux de la fin des 70’s. C’est sans doute le plus intéressant de cette face studio. « Evidence Of Autumn » est purement progressif, mais évite la trop longue durée. Un titre agréable, dominé par Tony Banks, mais pas indispensable. « Open Door » est une ballade un peu trop gentillette, rendue encore plus sirupeuse par des orchestrations. Bref, on comprend pourquoi ces deux derniers n’ont pas été retenus pour le magnifique Duke. A vrai dire, on aurait préféré une face live supplémentaire, comme c’est le cas sur la version anglaise.

Three Sides Live n’est pas le meilleur moyen de découvrir Genesis pour un novice car il repose surtout sur une courte période de la carrière du groupe. En revanche, cette période ayant été éclipsée par la suite des années 80, encore plus réussies commercialement, et l’ère Gabriel, cela peut être une manière de la découvrir. Et de se rendre compte qu’elle a été considérée un peu trop sévèrement.

Tracklist:
CD2
1. Turn It On Again
2. Dodo
3. Abacab
4. Behind The Lines
5. Duchess
6. Me & Sarah Jane
7. Follow You, Follow Me

CD2
1. Misunderstanding
2. In The Cage (Medley contenant aussi The Cinema Show/Riding The Scree/The Colony of Slippermen)
3. Afterglow
4. Paperlate
5. You Might Recall
6. Me and Virgil
7. Evidence of Autumn
8. Open Door

Musiciens:
Phil Collins: Chant, batterie
Tony Banks: Claviers
Mike Rutherford: Guitare, basse
Daryl Stuermer: Basse, guitare
Chester Thompson: Batterie

Producteur: Genesis

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