r-415348-1316278489.jpegLes 90’s dans leur globalité (c’est-à-dire, du 1er janvier 1990 au 31 décembre 1999) sont désormais reconnues pour avoir été l’âge d’or des one-hit/two-hits wonders et des boys/girls-bands. 90’s ? One-hit wonder ? Bingo !! Avec 4 NON BLONDES, on est en plein dedans. Il faut dire que le public se souvient de ce groupe pour le tube « What’s Up » qui a fait un carton mondial en 1993. Le groupe a, par ailleurs, une durée éphémère et sorti un seul et unique album, ce qui a renforcé ce statut de one-hit wonder qui colle aux 4 NON BLONDES. Toutefois, qu’on ne s’y trompe pas: être un one-hit wonder n’est pas un critère pour juger la qualité musicale de tel ou tel artiste. L’Histoire de l’industrie musicale démontre qu’il y a eu des tas de one-hit wonders (ou two-hits wonders) qui ont proposé de la musique de qualité.

Pour les 4 NON BLONDES, tout a commencé en 1989 à San Francisco lorsque la chanteuse/guitariste Linda Perry, la bassiste Christa Hillhouse, la guitariste Shaunna Hall et la batteuse Wanda Day se sont réunies pour monter leur groupe. Rapidement, Shaunna Hall et Wanda Day ont quitté le groupe, puis ont été remplacées par Roger Rocha à la guitare et Dawn Richardson à la batterie. Une fois que le line-up a été stabilisé, 4 NON BLONDES signe chez Interscope, puis commence l’enregistrement de son premier album en 1991. C’est en octobre 1992 que le fruit de leur labeur voit le jour. L’album en question a pour titre Bigger, Better, Faster, More! 

Comme tout le monde le sait, les 4 NON BLONDES sont liées au tube planétaire « What’s Up » qui fut un immense carton en 1993 avec son refrain ultra-simple et répétitif (« and I say Hey, yeah, yeah, hey, yeah, yeah/I say hey/What’s going on »). Cette ballade Folk aux légers accents bluesy est devenue intemporelle par la force des choses, mais force est de constater que Linda Perry au chant s’y montre impériale, hors-normes en faisant admirer sa capacité à varier ses intonations vocales, ainsi que sa diction juste. Seul bémol: les paroles du refrain sont trop téléphonées, trop minimalistes. D’ailleurs, cela a souvent été reproché aux 4 NON BLONDES par la suite. Qui plus est, si cette chanson a été couronnée de succès, il y a eu le revers de la médaille peu de temps après: 2 versions dance ont été faites par un DJ italien nommé DJ Miko et un groupe allemand répondant au nom de Minnesota et il est préférable de ne surtout pas les écouter.

Ceci étant dit, il serait injuste de résumer l’unique album des 4 NON BLONDES à « What’s Up ». Celui-ci est en effet varié à souhait, la chanteuse Linda Perry tirant les compos (et le groupe, par la même occasion, ou vice-versa) vers le haut. A ce sujet, l’occasion est belle de dissiper un certain malentendu concernant les 4 NON BLONDES: ce quartette a été étiqueté Rock Alternatif. Or cela définit vraiment mal leur album Bigger, Better, Faster, More! (en passant, il serait bon de se mettre d’accord sur la définition exacte du Rock Alternatif qui, à la réflexion, est un terme fourre-tout, assez vague) car, en l’écoutant, on a la sensation d’entendre du Rock US qui colle complètement avec tout ce qui tourne autour du Classic-Rock, les fantômes des 60’s et des 70’s surgissant à la première occasion. Et dès qu’il s’agit de balancer des morceaux Rock efficaces, les 4 NON BLONDES savent y faire: il suffit d’écouter « Train », une très belle réussite Blues-Rock qui voit guitares acoustiques et électriques s’entrelacer, ainsi qu’un harmonica virevoltant très présent et une rythmique alerte, la voix puissante et intense de Linda Perry étant la cerise sur le gâteau pour achever les derniers sceptiques. Ou encore le remuant et exubérant »Old Mr. Heffer », à mi-chemin entre Rockabilly 50’s, Big-Rock à la VAN HALEN et le « Radar Love » de GOLDEN EARRING, qui pourrait remporter la palme du titre le plus bandant du disque. « Calling All The People », à cheval entre Heartland-Rock et Hard Rock, est porté par un groove contagieux, infernal, notamment sur le refrain qui fait taper du pied et grâce à sa basse slappée. C’est typiquement le genre de titres qui cartonnait (au sens propre comme au sens figuré) entre 1988 et 1992, voire 1993. Et puisqu’on parlait de groove, d’influences Heartland-Rock, voire Hard Rock, « Superfly » en est fort bien pourvu, même s’il est davantage orienté Funk-Rock avec ses guitares épicées, juteuses et sa basse sautillante, extravertie. Le mid-tempo électrique « Morphine & Chocolate », lent et rampant, voit Linda Perry y aller d’une voix déchirante, éraillée par instants, contribuant à maintenir sous tension l’auditeur. « No Place Like Home » est peut-être le titre le plus dans l’air du temps (1992/93) de l’album puisque se côtoient dans le même shaker Funk Rock, Grunge (sur le refrain nerveux) et, à petite dose, Hard Rock US, ce qui en fait une trouvaille fort intéressante, d’autant que l’ensemble est renforcé par un petit pont psychédélique juste avant le solo de gratte bluesy, ainsi qu’une basse vrombissante, exubérante. Là où les 4 NON BLONDES surprennent le plus agréablement, c’est avec « Pleasantly Blue », un pur Blues avec alternance de guitares acoustiques et électriques qui est tellement enivrant qu’on se laisse volontiers séduire tant par le chant de Linda Perry que par les textures de guitares.

Plusieurs ballades figurent également au menu, outre « What’s Up ». On retiendra surtout « Spaceman », une ballade rétro et assez aérée qui fleure bon l’Amérique profonde et qui se révèle sobre, sans fioriture avec ses arômes délicieusement Folk et bluesy, voire Heartland Rock. Il est juste dommage qu’elle n’ait pas connu le même destin que « What’s Up ». En revanche, on peut parler de remplissage en ce qui concerne « Dear Mr. President », trop proche, justement, de « What’s Up » avec ses « Ya ya ya yaya » et ses « Yeah, yeah », au point de donner l’impression de faire double emploi, même si les guitares se font plus rudes à mi-parcours, ce qui est la seule différence notoire. Quand à « Drifting », c’est une ballade Folk dominée par les guitares sèches avec des violons en arrière-plan sur le refrain, ce qui peut agacer. En tous les cas, ce n’est pas un titre marquant et le terme remplissage, là encore, n’est pas galvaudé.

On peut le voir, cet unique album des 4 NON BLONDES vaut vraiment le détour, même si ce n’est pas le disque de la décennie. On passe un bon moment en l’écoutant et il ne faut pas s’arrêter à l’étiquette qui lui a été attribuée car elle induit en erreur. D’ailleurs, ce disque ne colle pas vraiment avec la tendance en vogue dans les 90’s qui consistait à remplir les albums jusqu’à la nausée puisque sa durée est de 41 minutes, le remplissage est limité (seuls « Dear Mr. President » et « Drifting » font office de maillon faible). Bigger, Better, Faster, More! est typique de ces bons disques de Rock US qui sortaient entre 1988 et 1992 et, au fond, on peut trouver dommage que des titres tels que « Train » et « Pleasantly Blue », par exemple, n’aient pas été choisis en tant que singles. Le temps était compté pour les 4 NON BLONDES qui allaient, par la suite, sortir un live (Hello Mr. President (Live In Italy) en 1993), puis offrir 2 titres pour des B.O de films (« Mary’s House » pour Wayne’s World 2″ en 1993, puis une cover de VAN HALEN, « I’m The One » pour « Airheads » en 1994) avant de mettre la clé sous la porte, Linda Perry allant par la suite se lancer dans une carrière solo. 4 NON BLONDES aura été une comète dans l’Histoire du Rock américain, mais est resté dans les mémoires et si vous aimez les duels entre guitares acoustiques et électriques, leur unique album devrait vous plaire.

Tracklist:
1. Train
2. Superfly
3. What’s Up
4. Pleasantly Blue
5. Morphine & Chocolate
6. Spaceman
7. Old Mr. Heffer
8. Calling All The People
9. Dear Mr. President
10. Drifting

11. No Place Like Home

Line-up:
Linda Perry (chant, guitare)
Christa Hillhouse (basse)
Roger Rocha (guitare)

Dawn Richardson (batterie)

Label: Interscope

Producteur: David Tickle

Pochette Alternative:
22573

Publicités