mi0001751554Au beau milieu des 80’s, John FOGERTY est de retour aux affaires en sortant Centerfield, son 3ème album solo. Son précédent album était paru il y a déjà 10 ans. Ceci dit, bien des choses se sont passées après la sortie de son album éponyme en 1975. Dans un premier temps, John FOGERTY avait enregistré Hoodoo qui aurait dû paraître en 1976 en tant que 3ème album solo de l’artiste, mais l’ex-chanteur de CREEDENCE CLEARWATER REVIVAL ne l’a jamais commercialisé car il ne le jugeait pas assez bon. Par la suite, lui et ses anciens compères de CREEDENCE ont été en procès contre leur ancien label Fantasy Records et son big-boss Saul Zaentz.

L’issue du procès ayant été favorable aux ex-membres de CREEDENCE CLEARWATER REVIVAL, John FOGERTY peut enfin se focaliser sur la conception d’un nouvel album solo. Centerfield sort donc en 1985 et tout porte à croire que le sieur Fogerty a toujours une dent contre son ancien boss de Fantasy Records puisqu’il lui a dédié 2 chansons particulièrement gratinées (« Mr. Greed » et « Zanz Kant Danz »), mais on y reviendra plus tard.

La première moitié de l’album place la barre extrêmement haut avec, pour commencer, « The Old Man Down The Road », qui pourrait être assimilé à une suite de « Run Through The Jungle », une chanson de CREEDENCE CLEARWATER REVIVAL datant de 1970, tant ces 2 morceaux ont des ressemblances. Malgré tout, ça reste du Rock américain de très haute volée, un hymne imparable qui fait taper du pied, John Fogerty se montrant étincelant avec sa voix identifiable entre mille. Au sujet des 2 chansons évoquées, il convient de signaler, pour l’anecdote, que l’ex-patron de Fantasy Records, Saul Zaentz, a attaqué en justice John Fogerty en l’accusant d’auto-plagiat, jouant sur le fait qu’il était propriétaire des droits des chansons de CREEDENCE CLEARWATER REVIVAL depuis la séparation de celui-ci. Fort heureusement, l’issue du procès a finalement été favorable à John Fogerty après plusieurs années de procédures.

Outre « The Old Man Down The Road », John Fogerty a aligné plusieurs perles: « Rock And Roll Girls », un autre hymne imparable digne d’entrer au patrimoine du Rock américain et joliment illustré par un solo de saxophone très accrocheur, « Big Train (From Memphis) », un titre Country-Rock cool, swinguant, qui fleure bon les grands espaces, les bleds paumés de l’Amérique profonde, « Mr. Greed », qui en plus d’être une critique acerbe envers Saul Zaentz, s’impose comme une compo Rock n’Rollienne fricotant avec le Hard Rock de base, la voix de John Fogerty étant nettement plus haut perchée, les guitares plus incendiaires et chaudes (par la même occasion, ce titre permet de constater que les passerelles entre Heartland Rock et Hard Rock sont réelles). Enfin, la ballade Country aux relents bluesy « I Saw It On T.V. », gorgée de guitares acoustiques, est très enlevée et démontre tout le savoir-faire du sieur Fogerty en la matière.

La seconde moitié de l’album, elle, est un peu plus tournée vers les technologies modernes de l’époque puisque quelques concessions aux sons synthétiques ont été faites. Ceci dit, rassurez-vous, les titres, dans leur quasi-totalité, restent foncièrement Rock. Ainsi, « Searchlight » reste un bon titre Blues-Rock rampant malgré un son de batterie en carton réverbéré, les guitares, la basse et les cuivres prenant tout de même le pas sur cette batterie. De même que « Centerfield » demeure un excellent mid-tempo typiquement Heartland Rock, hymnique à souhait, qui accroche à l’oreille en dépit de ces sons synthétiques sur la batterie qui n’apportent rien de plus, ainsi que « I Can’t Help Myself », plus ou moins dans le même état d’esprit. En revanche, on ne tiendra pas du tout le même discours pour « Zanz Kant Danz »: si ce titre contient des paroles acerbes, voire revanchardes à l’encontre de Saul Zaentz (le titre lui-même est explicite), il est en total décalage avec le reste de l’album car complètement orienté Synth-Pop et se révèle par la même occasion comme le titre le moins inspiré du disque. On est loin, très loin de ce qu’on connaît de John FOGERTY et on peut même parler de sorte d’ovni bizarroïde qui ne laissera pas de trace, d’autant que le son de batterie est encore plus pénible ici.

Globalement, on peut quand même considérer ce Centerfield comme très réussi et très ancré dans les racines du Rock n’ Roll et de la Country, en dépit de quelques concessions aux technologies de l’époque. Ces sons synthétiques ne sont toutefois pas envahissants. En plus de faire partie des réussites du Heartland-Rock, Centerfield a également été couronné de succès puisqu’il s’est classé à la 1ère place au Billboard US Top 200 (il a même été certifié double platine au pays de l’Oncle Sam), a également cartonné dans d’autres pays en classant 1er en Suède et en Norvège, 2ème au Canada et en Autriche, 4ème en Suisse et en Australie, notamment. Une bien belle récompense pour John Fogerty qui, comme sur le précédent album, s’est occupé de tout (compositions, chant, production, diverses parties instrumentales).

Tracklist:
1. The Old Man Down The Road
2. Rock And Roll Girls
3. Big Train (From Memphis)
4. I Saw It On T.V.
5. Mr. Greed
6. Searchlight
7. Centerfield
8. I Can’t Help Myself

9. Zanz Kant Danz (Vanz Kant Danz)

Line-up:

John Fogerty (chant, guitare, basse, claviers, saxophone, harmonica, batterie, percussion)

Label: Warner Bros.

Producteur: John Fogerty

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